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Les KPI en e-commerce : lesquels suivre et comment les calculer

Une boutique en ligne produit des dizaines de chiffres. Huit suffisent pour piloter. Voici lesquels, comment les calculer et à quel rythme les regarder.

Une boutique en ligne produit des dizaines de chiffres. Huit suffisent pour la piloter. Les autres sont utiles pour diagnostiquer un problème, pas pour décider chaque semaine. Voici les indicateurs que nous suivons avec les marques e-commerce que nous accompagnons, leurs formules et le rythme auquel les regarder.

Les 8 KPI qui comptent

| Indicateur | Formule | Ce qu'il dit | |---|---|---| | Chiffre d'affaires net | Ventes hors TVA, port et remboursements | Ce que la boutique encaisse vraiment | | Taux de conversion | Commandes ÷ sessions | Si le site transforme ses visiteurs | | Panier moyen | Chiffre d'affaires net ÷ commandes | Ce que rapporte chaque commande | | Coût d'acquisition client (CAC) | Dépenses marketing ÷ nouveaux clients | Ce que coûte un nouveau client | | MER | Chiffre d'affaires net ÷ dépenses publicitaires | L'efficacité globale de la publicité | | Marge de contribution | Chiffre d'affaires net − coût des produits − port − frais de paiement − publicité | Ce qui reste pour couvrir les charges fixes | | Taux de retour | Montant retourné ÷ montant vendu | La qualité de l'adéquation produit et client | | Taux de réachat | Clients ayant commandé au moins deux fois ÷ clients | La fidélité, base de la valeur client |

Pourquoi le chiffre d'affaires net, et pas le brut

Le chiffre d'affaires affiché par défaut dans la plupart des tableaux de bord inclut la TVA, le port et les commandes ensuite remboursées. Il flatte. Pour piloter, retirez :

  • la TVA, qui ne vous appartient pas ;
  • le port facturé, qui couvre un coût ;
  • les remboursements et retours, qui annulent une partie des ventes.

Sur une boutique de vêtements, l'écart entre brut et net dépasse facilement 20 %. Toutes les décisions de budget doivent partir du net.

Le taux de conversion : à lire par appareil et par source

Un taux de conversion global moyen cache presque toujours deux réalités : un taux correct sur ordinateur, un taux plus faible sur mobile, alors que la majorité du trafic arrive sur téléphone. Lisez-le :

  • par appareil, pour repérer un problème d'affichage ou de paiement mobile ;
  • par source, car un visiteur venant d'une publicité de découverte convertit moins qu'un visiteur qui tape le nom de la marque.

Si le taux mobile baisse brutalement d'une semaine à l'autre, cherchez d'abord une panne : moyen de paiement, bannière qui masque un bouton, page trop lente.

CAC et MER : deux regards sur la publicité

Le CAC répond à la question : combien me coûte un nouveau client ? Comparez-le à la marge que ce client rapporte, sur sa première commande et sur ses commandes suivantes.

Le MER répond à une autre question : pour chaque franc investi en publicité, combien de chiffre d'affaires la boutique fait-elle au total ? Il ne dépend pas de la façon dont Google ou Meta s'attribuent les ventes, ce qui le rend plus fiable que la somme des ROAS affichés par chaque plateforme.

Exemple. Une boutique fait CHF 40'000.- de chiffre d'affaires net dans le mois avec CHF 5'000.- de publicité : son MER est de 8. Si le MER baisse alors que les dépenses augmentent, les nouvelles dépenses rapportent moins que les anciennes.

La marge de contribution : le vrai juge de paix

Un chiffre d'affaires en hausse peut cacher une rentabilité en baisse : remises plus fortes, port offert, publicité plus chère. La marge de contribution retire tout ce qui varie avec les ventes. C'est elle qui dit si la croissance enrichit l'entreprise ou la fragilise.

Suivez-la par canal quand vous vendez aussi sur des places de marché : une commission de 15 à 20 % change complètement la marge d'une vente.

Retours et réachat : la santé à long terme

  • Un taux de retour qui monte signale souvent un problème de fiche produit : guide des tailles imprécis, photos trompeuses, description incomplète. Suivez-le par produit et par taille.
  • Un taux de réachat solide permet d'investir davantage en acquisition, car chaque client rapporte plusieurs commandes. C'est souvent le levier le plus sous-estimé des marques en croissance.

À quel rythme les suivre

  • Chaque jour : chiffre d'affaires net et commandes, pour repérer une panne ou un pic.
  • Chaque semaine : taux de conversion par appareil, CAC, MER, comparés à la semaine précédente et à l'année précédente.
  • Chaque mois : marge de contribution, taux de retour, taux de réachat, et décisions de budget.

Comparer à l'année précédente, au même jour de la semaine, est indispensable en e-commerce : une période de promotion ou de fêtes fausse toute comparaison avec la semaine d'avant.

En résumé

  • Pilotez sur le chiffre d'affaires net, hors TVA, port et remboursements.
  • Lisez le taux de conversion par appareil et par source.
  • Jugez la publicité au CAC et au MER, pas aux ROAS additionnés des plateformes.
  • La marge de contribution dit si la croissance est rentable.
  • Retours et réachat disent si elle est durable.

Questions fréquentes

Quel est un bon taux de conversion en e-commerce ?

Il dépend du secteur, du prix et de la source du trafic. Plutôt que de viser une moyenne de marché, comparez votre taux à lui-même : par appareil, par source et d'une année sur l'autre.

Faut-il suivre le ROAS ?

Oui, pour optimiser une campagne à l'intérieur d'une plateforme. Non, pour décider du budget global : utilisez le MER, qui ne dépend pas de l'attribution.

Quel outil utiliser ?

Shopify et Google Analytics donnent une base. Pour suivre ces huit indicateurs ensemble, en net et par canal, un tableau de bord relié directement aux commandes évite les écarts entre outils.

Nous construisons ce type de tableau de bord pour les marques que nous accompagnons, avec un brief des ventes chaque matin. Parlons de votre boutique.

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